Fermeture d’Audi Brussels : un an de bilan et des défis pour l’emploi
Une fermeture douloureuse pour les anciens employés d’Audi Brussels
Le 28 février 2025 marque la fin d’une ère pour l’usine Audi Brussels, qui a cédé ses portes en licenciant l’ensemble de son personnel. Parmi les 3 181 anciens travailleurs, plus de la moitié, soit 51%, cherchent encore activement un emploi, témoignant des difficultés persistantes face à la reprise du marché de l’emploi. Des témoignages comme celui de José Vanrossomme, ancien inspecteur des véhicules ayant passé 35 ans chez Audi, illustrent la douleur et l’incertitude qui continuent de peser sur ces salariés. Après un an, cet homme de 58 ans confie son combat pour retrouver une implantation professionnelle, malgré l’aide apportée par les cellules de reconversion organisées en Wallonie par le Forem et les syndicats (FGTB et CSC). Cependant, il souligne l’impact du vieillissement sur ses démarches, évoquant des refus liés à son âge et la difficulté de faire accepter ses compétences. La déception et l’espoir cohabitent dans son parcours, symbole de la situation de nombreux ex-travailleurs.
Un marché de l’emploi difficile pour les plus de 55 ans
Selon Patrick Brasseur, coordinateur des cellules de reconversion pour le CEPAC, la discrimination liée à l’âge continue d’entraver le retour à l’emploi pour les anciens d’Audi, en particulier ceux de plus de 55 ans. La qualification demeure un autre obstacle majeur, car les compétences acquises dans l’industrie automobile, telles que le travail à la chaîne, peinent à transférer dans d’autres secteurs. Sur les 3 181 anciens employés, seuls 38% ont retrouvé un emploi tandis que 11% suivent encore des formations, selon les chiffres fournis. Le marché reste difficile pour cette catégorie de travailleurs, ce qui accentue leur vulnérabilité.
Des efforts concertés pour accompagner la reconversion
Les dispositifs d’accompagnement mis en place par le Forem en Wallonie, prolongés d’un an, ont permis à 50% des personnes accompagnées de retrouver un emploi ou une formation. Ces cellules de reconversion offrent un soutien psychosocial et un accompagnement administratif, aidant à rédiger des CV, préparer des entretiens ou rechercher des offres. La collaboration entre les acteurs régionaux comme Actiris, le VDAB, le Forem, ainsi que les partenaires sociaux, a été saluée par plusieurs ministres régionaux de l’Emploi, notamment Pierre-Yves Jeholet, Laurent Hublet et Zuhal Demir. En Flandre et à Bruxelles, ce dispositif n’existe plus dans sa forme initiale, laissant place à des organismes privés pour suivre les anciens salariés.
De nouvelles trajectoires professionnelles
Certains anciens employés ont choisi de rebondir en créant leur propre activité. Marco Fragapane, par exemple, s’est lancé dans le secteur du transport privé, créant sa société après 14 ans chez Audi. Il confie avoir saisi cette opportunité pour se reconvertir, notamment en transport de touristes et de voyageurs, trouvant dans cette nouvelle vie une sérénité qu’il n’avait pas connue dans l’industrie automobile. D’autres ont accepté de réduire leur niveau de vie, comme Jérémie Montoy, qui a accepté un emploi moins rémunéré dans l’aéronautique pour retrouver une stabilité et moins de stress au quotidien.